Un après-midi, dans la salle d’attente d’un cabinet de rééducation pelvienne à Aix, une dame d’une soixantaine d’années me glisse en souriant : « Vous savez, le pessaire, c’est un peu comme une vieille amie. Discrète, pas toujours confortable au début, mais bien utile dans les moments délicats. » J’ai trouvé l’image aussi tendre que juste. Le pessaire n’est pas le dispositif dont on parle autour d’un apéro, et pourtant il peut changer radicalement la qualité de vie de nombreuses femmes.
Si vous êtes ici, c’est probablement parce que ce petit dispositif médical suscite chez vous curiosité, doute ou espoir. Et c’est bien normal. Il est temps de faire un point sincère, précis et humain sur ses avantages, ses limites — et tout ce que personne ne prend vraiment le temps d’expliquer.
Qu’est-ce qu’un pessaire, concrètement ?
Le pessaire est un dispositif médical souple, généralement en silicone, que l’on insère dans le vagin. Son rôle ? Soutenir les organes pelviens (utérus, vessie, rectum), notamment en cas de prolapsus (descente d’organe) ou d’incontinence urinaire.
Il existe plusieurs formes :
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Anneau
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Cube
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Donut
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Dispositif avec tige urétrale pour les cas spécifiques
C’est un outil non chirurgical, souvent proposé en alternative à l’opération ou en complément d’une rééducation périnéale.
Je me souviens de mon premier atelier d’éducation à la santé où l’on abordait ce sujet : plusieurs femmes ont éclaté de rire en entendant le mot. Et pourtant, derrière le sourire gêné se cachaient beaucoup d’interrogations sérieuses.
Pourquoi envisager un pessaire ?
Parce qu’il permet, tout simplement, de vivre mieux avec son corps lorsque celui-ci vous rappelle — parfois violemment — qu’il a changé. Ménopause, accouchements, efforts physiques répétés, antécédents médicaux… Le plancher pelvien peut s’affaiblir, et ce petit anneau peut offrir un soutien précieux sans bistouri.
Voici les principaux avantages constatés dans la littérature et les retours patients :
Une alternative douce à la chirurgie
Pas d’anesthésie, pas d’hospitalisation, pas de cicatrice. Le pessaire permet de tester une solution sans engagement définitif. Il est réversible et ajustable.
Un soulagement quasi immédiat
Certaines femmes ressentent une amélioration dès la première utilisation : moins de sensation de lourdeur, moins de fuites urinaires, plus d’aisance au quotidien.
Une autonomie retrouvée
Après quelques essais et un bon accompagnement, de nombreuses utilisatrices deviennent autonomes dans la pose, le retrait et l’entretien de leur pessaire. Et cela renforce considérablement la confiance en soi.
Une solution économique
En comparaison avec une opération ou certains traitements médicamenteux chroniques, le pessaire est durable et peu coûteux, surtout si l’on choisit un modèle lavable et réutilisable.

Et dans la vraie vie ?
Voici un tableau récapitulatif pour mieux visualiser ce que le pessaire peut apporter :
| Avantages | Impact concret dans la vie quotidienne |
|---|---|
| Non invasif | Pas de douleur postopératoire, retour rapide à la normale |
| Efficace | Moins de pression pelvienne, amélioration de l’incontinence |
| Réversible | Peut être retiré à tout moment si inconfort ou inefficacité |
| Adaptable | Plusieurs formes et tailles selon les besoins |
| Compatible | Peut être utilisé avec la rééducation périnéale ou en attendant une chirurgie |
Mais alors, pourquoi tout le monde n’en parle pas plus ?
Parce qu’il y a aussi des limites, parfois contraignantes, qu’il faut connaître pour éviter les désillusions.
Les inconvénients du pessaire : ce qu’il faut anticiper
Un temps d’adaptation nécessaire
Au début, le corps peut réagir : sensation de gêne, sécheresse, inconfort. Certaines femmes décrivent une présence « étrangère », surtout lorsqu’elles marchent ou s’assoient.
Il m’est arrivé d’accompagner une patiente qui, au bout d’une semaine, voulait tout arrêter. Après avoir ajusté le modèle (le cube avait été mal dimensionné), elle m’a rappelé un mois plus tard : « Je l’oublie même parfois ! »
Un entretien indispensable
Comme tout dispositif vaginal, l’hygiène est cruciale :
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Nettoyage à l’eau tiède et savon doux après chaque retrait
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Séchage à l’air libre
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Contrôle régulier par un professionnel (tous les 3 à 6 mois)
Risques de complications
Si le pessaire est mal entretenu ou mal ajusté, il peut provoquer :
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Irritations vaginales
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Petites plaies ou érosions
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Infections locales
Rien d’inévitable, mais cela demande vigilance et suivi médical.
Pas adapté à toutes
Certaines anatomies, certains types de prolapsus ou certaines pathologies (infections chroniques, sécheresse intense non traitée…) peuvent rendre l’utilisation difficile voire impossible.
Tableau synthétique des inconvénients
| Inconvénients | Solutions ou préventions possibles |
|---|---|
| Inconfort initial | Ajustement de taille, patience, lubrifiants adaptés |
| Hygiène contraignante | Intégrer l’entretien dans sa routine, demander conseil |
| Risques infectieux | Suivi médical régulier, traitement en cas de sécheresse |
| Non adapté à toutes | Évaluation médicale indispensable en amont |
Une solution personnalisée… avec accompagnement
Ce qu’il faut retenir, c’est que le pessaire n’est jamais une prescription « copiée-collée ». Il se choisit avec soin, en lien avec un professionnel de santé formé (sage-femme, gynécologue, kiné spécialisé…).
Un bon accompagnement permet de :
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Déterminer la forme et la taille optimales
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Éduquer à l’utilisation autonome
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Surveiller les éventuelles complications
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Adapter la fréquence de port (certains le portent toute la journée, d’autres seulement en activité)
Je me souviens d’une femme sportive de 50 ans qui ne supportait plus la sensation de pesanteur pendant ses cours de yoga. Le pessaire a changé sa pratique. Elle ne le porte que pendant les séances — et elle a retrouvé une liberté qu’elle pensait perdue.
Pessaire et vie intime : parlons-en sans tabou
La question revient souvent, parfois chuchotée en fin de consultation : « Et… les rapports, ça change quoi ? »
La réponse dépend du modèle. Les pessaires en anneau, sans tige, peuvent souvent rester en place pendant les rapports, sans gêne. D’autres doivent être retirés avant. Il n’y a pas de règle absolue, mais dans tous les cas : parler avec son partenaire et son professionnel de santé est essentiel.
Et au quotidien : comment ça se passe ?
Après une phase d’adaptation, la plupart des utilisatrices oublient qu’elles portent un pessaire. Il devient un outil discret, silencieux, presque invisible, mais avec un impact majeur sur :
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La posture
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La confiance dans les mouvements (rando, marche, danse…)
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La gestion de l’incontinence
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Le confort général au fil de la journée
Certes, cela implique un peu de rigueur, mais les bénéfices sont souvent bien supérieurs aux contraintes.
FAQ
1. Le pessaire est-il adapté à toutes les femmes ?
Pas forcément. Tout dépend de la nature du prolapsus, de son stade, et de l’anatomie de chacune. Une femme très active ou sportive pourra avoir besoin d’un modèle spécifique, tandis qu’une autre préfèrera un modèle plus souple et facile à retirer. Le bilan avec un professionnel de santé est essentiel pour faire le bon choix.
2. Peut-on avoir des relations sexuelles avec un pessaire ?
Oui, dans certains cas. Certains modèles comme l’anneau souple peuvent rester en place pendant les rapports sans gêne. D’autres, comme le cube, sont généralement retirés avant. C’est aussi une question de confort personnel. Je me souviens d’une patiente qui m’avait confié que, malgré ses appréhensions initiales, elle avait retrouvé une vie intime plus sereine grâce à son pessaire bien adapté.
3. Combien de temps peut-on porter un pessaire ?
Cela varie. Certains modèles sont conçus pour être portés en continu pendant plusieurs jours, voire semaines, avec des visites régulières de contrôle. D’autres sont utilisés ponctuellement, uniquement lors d’activités spécifiques (marche prolongée, sport, etc.). L’essentiel est de respecter les recommandations du professionnel de santé et d’apprendre à reconnaître les signes d’un inconfort ou d’une mauvaise tolérance.
4. Le pessaire peut-il tomber ou se déplacer ?
Oui, cela peut arriver. Si le pessaire n’est pas à la bonne taille, s’il est mal positionné ou si le plancher pelvien est très relâché, il peut glisser, voire tomber. Dans ce cas, pas de panique : il suffit souvent d’ajuster la taille ou de changer de modèle. Une femme m’avait raconté qu’elle l’avait senti glisser en pleine file d’attente au marché… depuis, avec un modèle adapté, elle n’a plus jamais eu de souci.
5. Est-ce que l’entretien du pessaire est compliqué ?
Pas du tout, une fois qu’on a pris le coup de main. Il s’agit simplement de le rincer à l’eau tiède, éventuellement avec un savon doux non parfumé, et de bien le sécher avant de le remettre en place. Certains modèles demandent un retrait quotidien, d’autres non. Mais dans tous les cas, l’hygiène est primordiale pour éviter les irritations ou infections. Comme pour tout rituel intime, c’est une question d’habitude.
Si vous hésitez encore, rappelez-vous : le pessaire n’est ni une solution miracle, ni une punition inconfortable. C’est un outil, parfois transitoire, parfois durable, qui peut vraiment changer le quotidien de nombreuses femmes — à condition d’être bien accompagné. Et comme toujours, écouter son corps reste le meilleur des indicateurs.







